Поль Верлен — Paul Verlaine

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SagessePremière partieBon chevalier masqué qui chevauche en silence…J’avais peiné comme Sisyphe…Qu’en dis-tu, voyageur, des pays et des gares?…Malheureux ! Tous les dons, la gloire du baptême…Beauté des femmes, leur faiblesse, et ces mains pâles…Ô vous, comme un qui boite au loin, Chagrins et Joies…Les faux beaux jours ont lui tout le jour, ma pauvre âme…La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles…Sagesse d’un Louis Racine, je t’envie!…Non. Il fut gallican, ce siècle, et janséniste!…Petits amis qui sûtes nous prouver…Or, vous voici promus, petits amis…Prince mort en soldat à cause de la France…Vous reviendrez bientôt, les bras pleins de pardons…On n’offense que Dieu qui seul pardonne. Mais…Écoutez la chanson bien douce…Les chères mains qui furent miennes…Et j’ai revu l’enfant unique : il m’a semblé…Voix de l’Orgueil : un cri puissant comme d’un cor…L’ennemi se déguise en l’Ennui…Va ton chemin sans plus t’inquiéter!…Pourquoi triste, ô mon âme…Né l’enfant des grandes villes…L’âme antique était rude et vaine…Deuxième partieÔ mon Dieu, vous m’avez blessé d’amourJe ne veux plus aimer que ma mère MarieVous êtes calme, vous voulez un vœu discretMon Dieu m’a dit : Mon fils, il faut m’aimerTroisième partieDésormais le Sage, puniDu fond du grabatL’espoir luit comme un brin de paille dans l’étableJe suis venu, calme orphelinUn grand sommeil noirLe ciel est par-dessus le toitJe ne sais pourquoiParfums, couleurs, systèmes, lois!Le son du cor s’afflige vers les boisLa tristesse, langueur du corps humainLa bise se rue à traversVous voilà, vous voilà, pauvres bonnes pensées!L’échelonnement des haiesL’immensité de l’humanitéLa mer est plus belleLa «grande ville». Un tas criard de pierres blanchesToutes les amours de la terreSainte Thérèse veut que la Pauvreté soitParisien, mon frère à jamais étonnéC’est la fête du blé, c’est la fête du pain

Paul Verlaine « Sagesse »

Pourquoi triste, ô mon âme…

XXII
Pourquoi triste, ô mon âme,
Triste jusqu’à la mort,
Quand l’effort te réclame,
Quand le suprême effort
Est là qui te réclame ?

Ah ! tes mains que tu tords
Au lieu d’être à la tâche,
Tes lèvres que tu mords
Et leur silence lâche.
Et tes yeux qui sont morts !

N’as-tu pas l’espérance
De la fidélité,
Et, pour plus d’assurance
Dans la sécurité,
N’as-tu pas la souffrance ?

Mais chasse le sommeil
Et ce rêve qui pleure.
Grand jour et plein soleil !
Vois, il est plus que l’heure :
Le ciel bruit vermeil,

Et la lumière crue
Découpant d’un trait noir
Toute chose apparue,
Te montre le Devoir
Et sa forme bourrue.

Marche à lui vivement.
Tu verras disparaître
Tout aspect inclément
De sa manière d’être,
Avec l’éloignement.

C’est le dépositaire
Qui te garde un trésor
D’amour et de mystère,
Plus précieux que l’or,
Plus sûr que rien sur terre :

Les biens qu’on ne voit pas,
Toute joie inouïe,

Votre paix, saints combats,
L’extase épanouie
Et l’oubli d’ici-bas,

Et l’oubli d’ici-bas !