Поль Верлен — Paul Verlaine

Menu du site

Accueil
Poésie:
Poèmes saturniens Les Amies Fêtes galantes La Bonne Chanson Romances sans paroles Sagesse Jadis et Naguère Amour Parallèlement Dédicaces Femmes Bonheur Chansons pour elle Liturgies intimes Odes en son honneur Élégies Dans les limbes Épigrammes Chair Invectives Hombres Biblio-sonnets —————————— Contact

© Verlaine.ru



ru
fr

Jadis et NaguèreJadisPrologueSonnets et autres versÀ la louange de Laure et de PétrarquePierrotKaléidoscopeIntérieurDixain mil-huit-cent-trenteÀ HoratioSonnet boiteuxLe ClownÉcrit sur l’album de Mme N. de V.Le SqueletteÀ Albert MératArt PoétiqueLe PitreAllégorieL’AubergeCirconspectionVers pour être calomniéLuxuresVendangesImages d’un souLes uns et les autres (comédie)Vers jeunesLe Soldat laboureurLes LoupsLa PucelleL’Angelus du matinLa Soupe du soirLes VaincusÀ la manière de plusieursLa Princesse BéréniceLangueurPantoum négligéPaysageConseil falotLe Poète et la MuseL’Aube à l’enversUn pouacreMadrigalNaguèrePrologueCrimen amorisLa GrâceL’Impénitence finaleDon Juan pipéAmoureuse du Diable

Paul Verlaine « Jadis et Naguère »

Art Poétique

À Charles Morice

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

C’est des beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.