Поль Верлен — Paul Verlaine

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Paul Verlaine « Invectives »

Autre magistrat

Je veux pour proclamer dignement ses louanges,
M’aider du sistre d’or ainsi que font les anges
Célébrant le Seigneur,
Et poète sans frein, plein d’un noble délire,
Chanter, m’accompagnant aux cordes de la lyre,
Une ode en son honneur.

Car il est grand, malgré son nom. Vastes contrastes :
Grand, Petit. Et je veux choisir entre ses fastes
Un haut fait de renom…
C’était voilà longtemps, environ quatre lustres,
Deux voyageurs alors, ni l’un ni l’autre illustres,
Riches, je crois que non.

S’arrêtèrent dans un buffet, dans une gare,
Et ma foi, las et soûls de toute la bagarre
D’un train à bon marché,
Burent sans trop compter, marcs, rhums, bitters, absinthes
Et dame ! leur langage en paroles peu saintes
S’était, las ! épanché,

Quand des gendarmes, représentant la morale,
Empoignèrent les imprudents, et, sépulcrale
Leur voix hurla : « Allaiz ! »
Ils allèrent jusqu’au superbe hôtel de ville,
De la ville (beffroi superbe et de quel style !)
Qui servait de palais.

Il siégeait dans un cabinet d’acajou sombre
Au milieu de cartons et de dossiers sans nombre.
Le spectacle imposant !
En favoris de coupe un peu Louis-Philippe —
Et faux toupet avec, magistrale, une lippe
Idoine au cas présent.

« Vos noms, professions, et cætera. » Les autres
De répondre conformément, en bons apôtres
D’ailleurs sûrs de leur fait.
L’interrogat fini : « Bien, dit-il, qu’on reparte
Pour Paris. » Alors, sans par trop perdre la carte
Et pendant qu’il se tait :

L’un : « Mais qu’avons-nous fait pour qu’ainsi l’on nous traite
En vagabond ? » Lui, « Silence ! Quelle défaite !
Or vous avez émis
Des choses qu’on ne peut ouïr dans notre ville
Presque sacrée à force d’être si tranquille.
Puis, vous ÊTES MAL MIS ! »