Поль Верлен — Paul Verlaine

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Chansons pour elleTu n’es pas du tout vertueuseCompagne savoureuse et bonneVoulant te fuirOr, malgré ta cruautéJusques aux pervers nonchaloirsLa saison qui s’avanceJe suis plus pauvre que jamaisQue ton âme soit blanche ou noireTu m’as frappé, c’est ridiculeL’horrible nuit d’insomnie!Vrai, nous avons trop d’espritTu bois, c’est hideux ! presque autant que moiEs-tu brune ou blonde?Je ne t’aime pas en toiletteChemise de femme, armure ad hocL’été ne fut pas adorableJe ne suis plus de ces esprits philosophiquesSi tu le veux bien, divine IgnoranteTon rire éclaire mon vieux cœurTu crois au marc de caféLorsque tu cherches tes pucesJ’ai rêvé de toi cette nuitJe n’ai pas de chance en femmeBien qu’elle soit ta meilleure amieJe fus mystique et je ne le suis plus

Paul Verlaine « Chansons pour elle »

Tu m’as frappé, c’est ridicule

Tu m’as frappé, c’est ridicule,
Je l’ai battue et c’est affreux :
Je m’en repens et tu m’en veux.
C’est bien, c’est selon la formule.

Je n’avais qu’à me tenir coi
Sous l’aimable averse des gifles
De ta main experte en mornifles,
Sans même demander pourquoi.

Et toi, ton droit, ton devoir même,
Au risque de t’exténuer,
Il serait de continuer
De façon extrême et suprême…

Seulement, ô ne m’en veux plus,
Encore que ce fût un crime
De t’avoir faite ma victime…
Dis, plus de refus absolus,

Bats-moi, petite, comme plâtre,
Mais ensuite viens me baiser,
Pas ? quel besoin d’éterniser
Une querelle trop folâtre.

Pour se brouiller plus d’un instant,
Le temps de nous faire une moue
Qu’éteint un bécot sur la joue,
Puis sur la bouche en attendant

Mieux encor, n’est-ce pas, gamine ?
Promets-le-moi sans biaiser.
C’est convenu ? Oui ? Puis-je oser ?
Allons, plus de ta grise mine !