Поль Верлен — Paul Verlaine

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Chansons pour elleTu n’es pas du tout vertueuseCompagne savoureuse et bonneVoulant te fuirOr, malgré ta cruautéJusques aux pervers nonchaloirsLa saison qui s’avanceJe suis plus pauvre que jamaisQue ton âme soit blanche ou noireTu m’as frappé, c’est ridiculeL’horrible nuit d’insomnie!Vrai, nous avons trop d’espritTu bois, c’est hideux ! presque autant que moiEs-tu brune ou blonde?Je ne t’aime pas en toiletteChemise de femme, armure ad hocL’été ne fut pas adorableJe ne suis plus de ces esprits philosophiquesSi tu le veux bien, divine IgnoranteTon rire éclaire mon vieux cœurTu crois au marc de caféLorsque tu cherches tes pucesJ’ai rêvé de toi cette nuitJe n’ai pas de chance en femmeBien qu’elle soit ta meilleure amieJe fus mystique et je ne le suis plus

Paul Verlaine « Chansons pour elle »

L’été ne fut pas adorable

L’été ne fut pas adorable
Après cet hiver infernal,
Et quel printemps défavorable !
Et l’automne commence mal,
Bah ! nous nous réchauffâmes
En mêlant nos deux âmes.

La pauvreté, notre compagne
Dont nous nous serions bien passés,
Vainement menait la campagne
Durant tous ces longs mois glacés…
Nous incaguions l’intruse,
Son astuce et sa ruse.

Et riches, de baisers sans nombre,
— La seule opulence, crois-moi, —
Que nous fait que le temps soit sombre
S’il fait soleil en moi, chez toi.
Et que le plaisir rie
À notre gueuserie ?