Поль Верлен — Paul Verlaine

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Chansons pour elleTu n’es pas du tout vertueuseCompagne savoureuse et bonneVoulant te fuirOr, malgré ta cruautéJusques aux pervers nonchaloirsLa saison qui s’avanceJe suis plus pauvre que jamaisQue ton âme soit blanche ou noireTu m’as frappé, c’est ridiculeL’horrible nuit d’insomnie!Vrai, nous avons trop d’espritTu bois, c’est hideux ! presque autant que moiEs-tu brune ou blonde?Je ne t’aime pas en toiletteChemise de femme, armure ad hocL’été ne fut pas adorableJe ne suis plus de ces esprits philosophiquesSi tu le veux bien, divine IgnoranteTon rire éclaire mon vieux cœurTu crois au marc de caféLorsque tu cherches tes pucesJ’ai rêvé de toi cette nuitJe n’ai pas de chance en femmeBien qu’elle soit ta meilleure amieJe fus mystique et je ne le suis plus

Paul Verlaine « Chansons pour elle »

Je n’ai pas de chance en femme

Je n’ai pas de chance en femme,
Et, depuis mon âge d’homme,

Je ne suis tombé guère, en somme.
Que sur des criardes infâmes.

C’est vrai que je suis criard
Moi-même et d’un révoltant
Caractère tout autant,
Peut-être plus par hasard.

Mes femmes furent légères,
Toi-même tu l’es un peu,
Cet épouvantable aveu
Soit dit entre nous, ma chère.

C’est vrai que je fus coureur.
Peut-être le suis-je encore :
Cet aveu me déshonore.
Parfois je me fais horreur.

Baste : restons tout de même
Amants fervents, puisqu’en somme

Toi, bonne fille et moi, brave homme,
Tu m’aimes, dis, et que je t’aime.