Поль Верлен — Paul Verlaine

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BonheurL’incroyable, l’unique horreur de pardonnerLa vie est bien sévèreAprès la chose faite, après le coup portéDe plus, cette ignorance de Vous!L’adultère, celui du moins codifiéPuis, déjà très anciensMaintenant, un gouffre du Bonheur!L’homme pauvre du cœur est-il si rare, en sommeBon pauvre, ton vêtement est légerLe «sort» fantasque qui me gâte à sa manièrePrêtres de Jésus-Christ, la vérité vous gardeGuerrière, militaire et virile en tout pointUn projet de mon âge mûrSois de bronze et de marbre et surtout sois de chairMon ami, ma plus belle amitié, ma meilleureSeigneur, vous m’avez laissé vivreRompons! Ce que j’ai dit, je ne le reprends pasJ’ai dit à l’esprit vain, à l’ostentationLa neige à travers la brumeJe voudrais, si ma vie était encore à faireO j’ai froid d’un froid de glaceUn scrupule qui m’a l’air sot comme un péchéAprès le départ des clochesL’ennui de vivre avec le monde et dans les chosesVous m’avez demandé quelques vers sur «Amour»Ces vers durent être faitsOr tu n’es pas vaincu, sinon par le SeigneurLes plus belles voixL’autel bas s’orne de hautes mauvesL’amour de la Patrie est le premier amourImmédiatement après le salut somptueuxLa cathédrale est majestueuseVoix de Gabriel

Paul Verlaine « Bonheur »

Le «sort» fantasque qui me gâte à sa manière

Écrit en 1888

Le « sort » fantasque qui me gâte à sa manière —
M’a logé cette fois, peut-être la dernière
Et la dernière c’est la bonne — à l’hôpital !
De mon rêve à ceci le réveil est brutal
Mais explicable par le fait d’une voleuse
(Dont l’histoire posthume est, dit-on, graveleuse)
Du fait d’un rhumatisme aussi, moindre détail ;
Puis d’un gîte où l’on est qu’importe le portail ?
J’y suis, j’y vis. « Non, j’y végète », on rectifie ;
On se trompe. J’y vis dans le strict de la vie,
Le pain qu’il faut, pas trop de vin, et mieux couché !
Évidemment j’expie un très ancien péché
(Très ancien ?) dont mon sang a des fois la secousse,
Et la pénitence est relativement douce
Dans le martyrologe et sur l’armorial
Des poètes, peut-être un peu proverbial.
C’est un lieu comme un autre, on en prend l’habitude :
À prison bonne enfant longanime Latude.
Sans compter qu’au rimeur, pour en parler, alors !
Pauvre et fier, il ne reste qu’à mourir dehors
Ou tout comme, en ces temps vraiment trop peu propices.
Et mourir pour mourir. Muse qui me respices,
Autant le faire ici qu’ailleurs, et même mieux,
Sinon qu’ici l’on est tout « laïque », les vieux
Abus sont réformés et le « citoyen » libre !
Et fort ! doit, ou l’État perdrait son équilibre,
Avec ça qu’il n’est pas à cheval sur un pall !
Mourir dans les bras du Conseil Municipal,
Mal rassurante et pas assez édifiante
Conclusion pour tel, qu’un vœu mystique hante
Moi par exemple, j’en forme l’aveu sans fard,
Me dût-on traiter d’âne ou d’impudent cafard,
La conversation, dans ce modeste asile,
Ne m’est pas autrement pénible et difficile !
Ces braves gens, que le Journal rend un peu sots,
Du moins ont conservé, malgré tous les assauts
Que « l’Instruction » livre à leur tête obsédée ;
Quelque saveur encor de parole et d’idée ;
La Révolution, qu’il faut toujours citer
Et condamner, n’a pu complètement gâter
Leur trivialité non sans grâce et sincère.
Même je les préfère aux mufles de ma sphère
Certes ! et je subis leur choc sans trop d’émoi.
Leur vice et leur vertu sont juste à point pour moi
Les goûter et me plaire en ces lieux salutaires
(A comme moi) des espèces de solitaires,
Espèce de couvent moins cet espoir chrétien !
Le monde est tel qu’ici je n’ai besoin de rien
Et que j’y resterais, ma foi, toute ma vie,
Sans grands jaloux, j’espère, et pour sûr, sans envie !
Si, dès guéri, si je guéris, car tout se peut,
Je n’avais quelque chose à faire, que Dieu veut.