Поль Верлен — Paul Verlaine

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BonheurL’incroyable, l’unique horreur de pardonnerLa vie est bien sévèreAprès la chose faite, après le coup portéDe plus, cette ignorance de Vous!L’adultère, celui du moins codifiéPuis, déjà très anciensMaintenant, un gouffre du Bonheur!L’homme pauvre du cœur est-il si rare, en sommeBon pauvre, ton vêtement est légerLe «sort» fantasque qui me gâte à sa manièrePrêtres de Jésus-Christ, la vérité vous gardeGuerrière, militaire et virile en tout pointUn projet de mon âge mûrSois de bronze et de marbre et surtout sois de chairMon ami, ma plus belle amitié, ma meilleureSeigneur, vous m’avez laissé vivreRompons! Ce que j’ai dit, je ne le reprends pasJ’ai dit à l’esprit vain, à l’ostentationLa neige à travers la brumeJe voudrais, si ma vie était encore à faireO j’ai froid d’un froid de glaceUn scrupule qui m’a l’air sot comme un péchéAprès le départ des clochesL’ennui de vivre avec le monde et dans les chosesVous m’avez demandé quelques vers sur «Amour»Ces vers durent être faitsOr tu n’es pas vaincu, sinon par le SeigneurLes plus belles voixL’autel bas s’orne de hautes mauvesL’amour de la Patrie est le premier amourImmédiatement après le salut somptueuxLa cathédrale est majestueuseVoix de Gabriel

Paul Verlaine « Bonheur »

L’adultère, celui du moins codifié

L’adultère, celui du moins codifié
Au mépris de l’Église et de Dieu défié,
Tout d’abord doit sembler la faute irrémissible.
Tel un trait lancé juste, ayant l’enfer pour cible !
Beaucoup de vrais croyants, questionnés ici,
Répondraient à coup sûr qu’il en retourne ainsi.
D’autre part le mondain, qui n’y voit pas un crime,
Pour qui tous mauvais tours sont des bons coups d’escrime,
Rit du procédé lourd, préférant, affrontés,
Tous risques et périls à ces légalités
Abominablement prudentes et transies
Entre ces droits divers et plusieurs fantaisies,
Enfin juge le cas boiteux, piteux, honteux.

Le Sage, de qui l’âme et l’esprit vont tous deux,
Bien équilibrés, droit, au vrai milieu des causes,
Pleure sur telle femme en route pour ces choses.
Il plaide l’ignorance, elle donc ne sachant
Que le côté naïf, c’est-à-dire méchant,
Hélas ! de cette douce et misérable vie.
Elle plait et le sait, et ce qu’elle est ravie
Mais son caprice tue, elle l’ignore tant !
Elle croit que d’aimer c’est de l’argent comptant,
Non un fonds travaillant, qu’on paie et qu’on est quitte,
Que d’aimer c’est toujours « qu’arriva-t-elle ensuite »,
Non un seul vœu qui tient jusqu’à la mort de nous.

Et certes suscité, néanmoins son courroux
Gronde le seul péché, plaignant les pécheresses,
Coupables tout au plus de certaines paresses,
Et les trois quarts du temps luxurieuses point.
Bêle orgueil, intérêt mesquin, voilà le joint,
Avec d’avoir été trop ou trop peu jalouses.

Seigneur, ayez pitié des âmes, nos épouses.